Voilà, comme promis je vous envois la suite de la lettre qui explique comme et pourquoi j'ai pris cette décision...
" La suite j'en parle pas ça fait encore trop mal et je t'écris pas pour ça. Impossible donc de te l'annoncer. Les soirs d'après t'étais pas là, des que tu rentrais on s'engueulait. J'ai pas compris, les jours ont passés si vite, dire au revoir à la mon boulot très dur, tout quitter, te quitter, fallait te le dire...
Dernier soir, l'alcool et le choc.... J'ai fini dans les toilettes mais j'étais pas bourré. Rester le lendemain, tu étais rentrer pour faire les valises on avait pas le temps. Puis on part manger au Mac'Do. Désolé mais j'ai pas pu. Me restais l'aéroport, oui j'allais te l'annoncer quelques heures avant de décoller. J'ai pas pu, je me suis dis il va pas me croire. Et je voulais pas lire de la pitié dans ton regard.
Je savais que c'était la dernière fois qu'on te voyait et là panique, je voulais qu'il te sente, qu'il t'entende. J'étais tellement mal je voulais pas qu'il ressente tout ça. Alors je t'ai demandé un dernier baiser pour que lui aussi le sente. Puis on est parti tous les 2 dans cet avion sans se retourner.
La suite tu l'as connaît déjà écrit. J'ai pas pu en parlait et je sentais que ça n'allait pas, en fait j'étais perdu, complètement anéanti. Alors rdv en urgence et là magique, je l'ai vu oh merveille, sa tête, ses petites mains ces pieds, j'ai littéralement fondu........ J'ai entendu battre son c½ur et pour la 1ere fois depuis longtemps je me suis senti bien, détendu, heureuse, là j'ai su que je n'étais plus seule, j'allais être maman. Puis on me dit d'attendre dans le hall. 1h30 d'attente, moi naïve je m'en foutais, je tenais mon ventre et je souriais comme jamais. J'étais maman, je portais ton enfant et savais que c'était ton fils, je l'appelais mon ti xxx et je lui disais que mon p'tit homme s'était toi son Papa. On me rappelle et là on m'annonce qu'il y a un soucis faut faire des tests. Tout s'est écrouler. Déjà que j'étais fragile, je savais pas. J'ai eu peur et là j'ai commencé à vraiment réaliser.
Fallait que je t'en parle. Puis miracle tu m'appelle et là tu m'annonce que tu rentre. Sur le coup soulagé je me dis il revient, mais non. J'ai pas pu te dire. Alors j'ai réfléchi, envisagé toutes les solutions, j'ai pensais à TOI à LUI à NOUS. Je t'avais perdu pour de bon, moi sans toi je pouvais pas, la solution était donc toute faite.
Voilà, voilà comment j'ai pris ma décision. J'étais pas sure, et puis tout est aller très vite, je n'existais plus, un vrai zombi, tout le monde bougeait autour de moi, ils ont tout organisait moi j'étais comme endormi. Je comprenais pas ce qu'on me disait. Plusieurs rdv s'enchainent, puis on me parle de l'IMG... la procédure, les risques, la suite...
J'ai demande à le voir, a connaître le sexe. C'était un garçon et j'ai dis : « je savais »...
A partir de ce jour j'ai plus dormi. A peine manger. J'allais tuer notre enfant et je pouvais pas te joindre. Impossible faut que je te le dise... J'appelle, ça répond pas. Je joins le bureau en me faisant passer pour une cliente et là j'apprends qu'elle est partie en vacances avec son mari pour 15 jours.
Les choses se confirment, je suis donc seule pour prendre la décision. Je crois que j'ai jamais trop su ce que je voulais. Je sais que j'étais heureuse de porter et de sentir TON enfant, mais peut être que c'était un moyen de t'avoir avec moi, je sais pas, alors je me suis laisser glisser et voilà...
Me suis retrouver dans une chambre. Et là j'ai demandais une dernière écho, ils ont pas voulu, je suis devenu comme folle, je voulais voir mon fils, lui dire au revoir. Ils m'ont fait une piqûre pour me calmer, mais j'avais encore des forces, j'hurlais je voulais juste lui dire aurevoir, le psy est passé et j'ai eu droit a mon écho. Il était beau je t'assure on voyait tout sa tête, ses yeux, ses petits doigts. A 4 mois c'est un bébé tu sais mais en tout petit, il est entièrement formé, il bouge, des réflexes qui ne sont pas procurés par le cerveau. Le calmant faisait effet. Me suis déshabillais pris une douche et mis la blouse. Une infirmière était là pour m'aider. Et là le psy me dis : « ça va allait ? » et je lui réponds : « je n'ai pas le choix, je ne serais pas une bonne mère » et je me suis mise à pleurer.
J'étais dans le lit, j'attendais qu'il arrive mais je réalisais pas. Puis on frappe, la porte s'ouvre, ça y est, je sais que je suis pas prête mais je ne peux plus reculer.
Dernière écho, je regarde pas, puis il me mette des patchs pour écouter le c½ur et en même temps me pose la perf. Là c'est trop je peux pas je leur demande de couper le son, je peux pas assister à sa mort en direct. Je regarde ce liquide qui passe et là je réalise, j'ai l'impression que ce liquide me brûle les veines. Là je comprends que ce liquide va tuer mon bébé, on me tent un verre d'eau avec un cachet, je réfléchis pas, je le prends. Je regarde cette poche et me dis quand elle sera vide il sera mort. Je me retourne et vois les battements de son c½ur et ses pulsations, il s'active ce petit bout, l'infirmière me dit que c'est normal. Mais oui c'est normal, il me dit dit Maman qu'est ce que tu fais arrêtes, arrêtes.
Je regarde par la fenêtre, je pense à toi, où es tu ? Que fais tu ? Et puis je nous revois, notre rencontre chez xxx, puis avec xxx, notre projet, notre départ, notre appart à la Réunion, notre 1ere fois.......... J'ai tout revu, tout. J'ouvre les yeux, la perfusion était quasi-vide, près d'une heure s'est écoulé, je me retourne, il était entrain de partir, je regarde l'infirmière et je lui dis : « Il meurt ? » elle me fait un signe. J'avais ma main sur lui je lui ai demande pardon, je lui ai dis que tu n'y étais pour rien, que s'était MOI. J'ai demandé à l'infirmière de sortir. Elle voulait pas, je lui ai dis que j'allais bien, je voulais juste lui dire au revoir et être seule. Alors elle est sortie. Je voyais les pulsations de son c½ur qui diminuait. Alors je lui ai parlait de nous il connaît notre histoire. Je lui ai dis que je l'aimais et je lui ai demandé pardon. Il est parti. Après je me souviens plus trop. Ils sont arrivaient, m'ont débranchés et m'ont amenés au bloc.
Voilà, je t'avoue que je suis en larme. Si t'es arrivé jusqu'ici je présume que tu ne va pas trop bien non plus. Je suis désolé je te veux pas de mal, tu n'y es pour rien et je ne t'en veux pas je te promets, mais j'avais besoin que tu saches. Tu sais ce qui me fais le plus mal, c'est que y'a que moi qui l'aime si fort, y'a que moi qui pense à lui. Je l'aime tellement et pourtant je l'ai tuer. Et je m'en veux tu peux pas t'imaginer... J'ai vu ce liquide couler et j'ai rien fait, je savais que ça le tuerai mais j'ai rien fait, j'ai juste pensais à nous. Alors voilà, tu n'y es pour rien mais moi je dois vivre avec ça jusqu'à la fin de mes jours. Il ne se passe pas un seul jour ou je n'y pense pas. Je suis aller sur plusieurs sites, c'est très fréquent, nombreuses sont les femmes même avec d'autre enfant qui y pense souvent et encore plus le jour de l'anniversaire même 20 ans après. Faut en parler paraît-il....
Il vivra toujours en moi et quand je te vois, je le vois.
Je voulais juste que tu saches..."
Merci à vous de m'avoir lu jusqu'ici, j'avais besoin de vous faire partager ce poids qui me pèse tous les jours. Je ne cesse de repenser a mon accouchement. En fait apres la perfusion plusieurs heures se sont écoulées. Apres j'etais en sanglots, les contractions ont commencées, je suis parti en salle d'accouchement, je ne voyait rien, je n'entendais rien, je pleurais toute les larmes de mon corps. Ils m'ont dit qu'ils allaient m'endormir car je n'y arriverais pas. J'ai pris mon courage a 2 mains, et je les ai supplier de me laisser mettre au monde mon fils. C'est la seule chose que je pouvait faire pour lui... Accouchement pénible, surtout lorsque je les senti venir au monde... Je n'ai pas eu le courage de le voir et je me suis effondrée sur la table, la morphine fesait effet...